Saint-Egrève

Nicolas Koch et Arthur Poisson

Une carrière, des cavernes comme des dents dans la montagne, des godets qui traversent l'autoroute pour rejoindre la cimenterie... C'est comme ça que nous avons pris connaissance que la cimenterie de Saint-Egrève existait, en passant sous le transit de gravillons.

Il a donc fallu y aller. Une première fois, de jour, pour repérer les lieux, d'un côté de la route. Puis la nuit tombe, et les cavernes d'extraction laissent très vite la vedette au brillant spectacle de la tour principale ; ok, c'est ça qui est vraiment beau ! Nous profitons donc de la vue le temps d'une soirée de l'autre côté...

Nous avons laissé mûrir les lumineux souvenirs de l'apparition de cette installation, jusqu'à ce que se présente à nous l'opportunité de revenir sur place, de l'autre côté de l'autoroute. Il est environ 15h quand nous arrivons au pied de l’usine. Nous commençons à repérer les lieux, à tourner autour de notre cible, à chercher les meilleurs points de vues de manière à anticiper les prises de vues à venir.

Le repérage s'achève vers 17h. C'est donc quatre heures plus tard, à la nuit tombée, que nous pouvons repartir le long des balises que nous venions de poser. Les repères défilent, les photos aussi, il n'est jamais nécessaire de refaire une prise. Les images dont nous sommes témoins sont complètement différentes des clichés réalisés : deux résultats pour une même scène. Les lueurs sortant des sous-bois et les sons de l'autoroute dans notre dos créent une ambiance que seule l'expérience peut susciter. En revanche, le résultat pictural de chaque photographie existe.

Cette description est une invitation à repenser les modes conventionnels de la promenade (l’endroit et le moment). Nous ne vous invitons pas à parcourir un trajet défini. Nous vous proposons plutôt de risquer l’exploration d’un environnement qui pourrait être défini comme hostile à toutes formes de loisir. L’exploration doit débuter à un moment spécifique : la nuit, lorsque l’usine se transforme en paysage onirique ; lorsque l’on perd tout repère et que, par conséquent, notre regard s’aiguise et nos sens s’exacerbent. Bien entendu, cet exemple est cité dans le but avoué de vous inciter à modifier vos habitudes de promenade.

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